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11 septembre 2008

Avis sur la stratégie d’action jeunesse (2009-2014)

Introduction

Le Comité aviseur-jeunes a entrepris son questionnement quant à la rédaction d’un avis pour instituer une stratégie d’emploi destinée aux jeunes la même année que le gouvernement entreprenait des consultations et la rédaction de la Stratégie d’action jeunesse. Les postulats très positifs des différents acteurs gouvernementaux sur les perspectives professionnelles des jeunes au Québec sont à la base de nos interrogations. En fait, nous désirions connaître la situation réelle actuelle et future des jeunes sur le marché du travail. Nous avons alors orienté nos travaux de recherche afin d’alimenter notre réflexion sur les perspectives et les conditions professionnelles des jeunes.

D’abord, nous avons effectué une recherche pour analyser les perspectives professionnelles des jeunes en lien avec les conditions d’emploi. Les résultats de cette recherche, intitulée Perspectives et conditions d’emploi, établissent un nouveau constat : les perspectives professionnelles des jeunes sont positives, mais leurs conditions d’emploi sont en régression. Pour confirmer ce postulat, nous avons réalisé la recherche intitulé Transformations du marché du travail. Le constat de la recherche précédente est alors confirmé. Ensuite, nous avons orienté nos recherches afin de mettre en lumière certains éléments essentiels reliés aux jeunes sur le marché du travail. Ainsi, nous avons publié une recherche sur la situation des jeunes entrepreneurs, sur le travail atypique au Québec, sur le rapatriement de la Stratégie emploi jeunesse et sur l’insertion professionnelle des jeunes en région. Avec les données et les conclusions de ces nouvelles recherches combinées aux travaux antérieurs, nous avons entrepris la rédaction d’un avis synthèse. Le travail de rédaction a été appuyé par la participation des membres du CAJ à deux réunions de travail portant sur cet avis. Avec le fruit de ce travail, nous désirons alimenter le Secrétariat à la jeunesse dans la rédaction de la prochaine Stratégie d’action jeunesse prévue pour 2009.

L’avis débute par une mise en contexte sur la situation des jeunes et le marché du travail. Ensuite, les données de la première section permettront d’établir des constats généraux. Finalement, la dernière partie s’intitule Agir dès maintenant et elle comprend nos propositions pour outiller les jeunes face aux défis du marché du travail.

Mise en contexte

Cette section offre un portrait de la situation de la jeunesse québécoise et du marché du travail. Pour réaliser ce portrait, une recension des principaux indicateurs en emploi concernant les jeunes de moins de 30 ans a été effectuée. Nous avons notamment utilisé les statistiques du gouvernement du Québec, ainsi que les données de nos différentes recherches.

La population du Québec

Le 1er juillet 2006, la population du Québec comptait 7 651 531 habitants. De ce nombre, 1 505 719 personnes étaient âgées de 15 à 29 ans, ce qui représente 19,67 % de la population totale [1].

Le poids démographique des jeunes est présentement en chute et cette situation s’accentuera avec le temps. Depuis 1976 le poids des jeunes dans la population a diminué de 10 %. La tendance démontre que la proportion des jeunes diminuera continuellement au cours des prochaines années. Le graphique suivant illustre bien la courbe d’évolution du nombre de jeunes dans la société québécoise.

Graphique 1

Les experts prévoient une diminution de la population active dès 2011. À cet effet, plusieurs craignent un impact négatif sur l’emploi, notamment la perte de savoir-faire causée par les départs massifs à la retraite. Certains sont d’avis que cette situation va accentuer et créer des pénuries de main-d’œuvre dans des secteurs d’activités particuliers. Selon le ministère de l’Emploi et de la Solidarité sociale, 680 000 emplois seront à pourvoir d’ici 2010, soit 240 000 créés par la croissance économique et 440 000 en raison des départs à la retraite [2].

Le taux d’activité

Le taux d’activité des jeunes est assez important. En 2006, il était de 66,2 % chez les jeunes de 15 à 24 ans et de 87,2 % pour les 25 à 44 ans [3] . Il faut noter que le taux d’activité des jeunes de moins de 30 ans n’a cessé d’augmenter depuis 1976 [4]. Cette situation s’explique par le fait que les étudiants sont de plus en plus nombreux à posséder un emploi durant leurs études. « En 2005, environ 4 étudiants sur 10 occupent un emploi durant l’année scolaire tandis que cette situation ne concernait que 2 étudiants sur 10 en 1976 [5] ». Ainsi, 45 % des jeunes de 15 à 24 ans se retrouvent en situation d’emploi à temps partiel. Le taux est de 14 % chez les jeunes de 25 à 29 ans [6] .

Le taux de chômage

Le taux de chômage est plus élevé chez les jeunes qu’auprès du reste de la population. En 2006, le taux de chômage chez les jeunes de 15 à 24 ans se situait à 13,6 %, alors qu’il était en moyenne de 7,05 % chez les 25 ans et plus [7]. Les données de l’Information sur le marché du travail (IMT) démontrent que cet écart est constant depuis 1986 [8] . Toutefois, les jeunes de 15 à 24 ans se trouvent rapidement un emploi lorsqu’ils sont en situation de chômage. La durée moyenne des prestations d’assurance-emploi est de 10,2 semaines pour les jeunes de 15 à 24 ans, comparativement à 22,7 semaines pour les 25 à 54 ans [9].

Comme nous pouvons le constater dans les graphiques suivants, le taux de chômage des jeunes diminue depuis les dernières années. Par contre, le taux de chômage des jeunes est plus élevé que la moyenne de la population. Certains affirment que cette situation est causée par l’augmentation du travail à temps partiel chez les étudiants. D’autres affirment qu’elle est créée par l’augmentation de l’emploi atypique. Selon nous, la réalité se retrouve entre ces deux affirmations. Il ne faut pas oublier que les étudiants ne peuvent recourir à l’assurance-emploi lorsqu’ils sont considérés étudiant à temps plein. En plus, une fois à temps plein sur le marché du travail, il faut cumuler 910 heures de travail avant d’être accessible à l’assurance-emploi. En somme, cette situation est préoccupante.

Évolution des taux de chômage au Québec entre 1976 et 2004 pour différents groupes d’âge

Graphique 2
Graphique 3

La situation des jeunes issus de l’immigration est encore plus alarmante. Le taux de chômage s’élève à 17,9 % chez les jeunes immigrants de 15 à 24 ans et à 19,7 % chez les jeunes des minorités visibles du même groupe d’âge. Pour illustrer l’ampleur de cette situation, on peut souligner que le taux de chômage chez les jeunes Noirs atteint 23,5 % et celui des nouveaux arrivants 29,1 % [10].

Statistiques par région

L’économie du Québec a subi plusieurs transformations au cours de son histoire. Elle a somme toute suivi la même évolution que celle des pays industrialisés. De son côté, l’économie des régions a aussi subi quelques changements tout en restant encore intimement liée à l’extraction ou la production des ressources naturelles. Les auteurs Côté et Proulx posent le constat que les disparités persistent entre les différentes régions.

L’économie québécoise suit plus ou moins fidèlement l’évolution normale des pays développés, passant de l’exploitation des ressources à l’industrie légère, puis au stade de l’industrie lourde basée sur ses ressources naturelles et à la tertiairisation des activités. Les disparités interrégionales demeurent évidentes au Québec au point du vue du développement économique.

 [11]

Les auteurs vont même jusqu’à affirmer que le Québec ne possède pas encore les caractéristiques d’une pleine maturité économique. Selon eux, il faut que le Québec atteigne une plus grande autonomie, car présentement son développement est trop tributaire des capitaux, des besoins industriels et commerciaux et des valeurs économiques de l’extérieur, ce qui en fait une économie à faible maturité.

Il en est de même avec l’économie des régions périphériques. Encore axés sur les ressources naturelles, les changements économiques et sociaux posent de sérieux défis aux régions périphériques québécoises. Les différentes crises en région nous illustrent assez bien devant quelle réalité beaucoup de villes et villages se retrouvent. En effet, « [d]epuis 1975, la gestion et l’aménagement de ressources sont devenus de plus en plus importants en raison des effets négatifs de la sur-exploitation des ressources et le manque de planification des économies régionales. » [12] Les crises du poisson de fond, du bois-d’œuvre et de la vache folle, les difficultés vécues par les agriculteurs et la crise forestière illustrent bien l’impact des changements dans l’économie primaire.

Aussi, une étude de Développement économique Canada démontrait que la valeur des ressources naturelles a chuté et a laissé beaucoup plus de place aux produits à forte valeur ajoutée. « Ainsi, les minéraux et les dérivés du bois dominaient le marché des exportations en 1992, comptant ensemble pour 23 % des exportations internationales du Québec. En 2001, ils ne représentaient plus que 17 % du total alors que le matériel de transport venait en tête du classement comme principal produit d’exportation. » [13] Cette situation affecte directement les régions du Québec qui ont, pour beaucoup, les ressources naturelles comme base économique.

La situation du marché du travail se trouve également dans une situation préoccupante. Le taux de chômage varie encore grandement entre les différentes régions du Québec. En 2006, il y avait 12,8 points de pourcentage d’écart entre la région de la Capitale-Nationale (5,5 %) et la région de la Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine (18,3 %) [14] . Le tableau 2 illustre le taux de chômage selon les différentes régions administratives pour les années 2000 à 2006.

Les données concernant le taux de chômage par région démontrent que la situation s’est améliorée au cours des trois dernières années. Comme nous pouvons le constater dans le tableau 1, l’évolution démographique en 2006 est positive pour la majorité des régions du Québec.

Tableau 1 : Évolution de la population par région administrative
Tableau 2 : Taux de chômage par région administrative

Bien entendu, le retour ou l’établissement des jeunes en région a un impact direct sur la vitalité des économies régionales québécoises. Les emplois disponibles ainsi que les opportunités d’affaires (entrepreneuriat jeunesse) sont intimement liés à la concrétisation du désir d’établissement des jeunes dans les régions. Il faut donc maximiser les efforts en ce qui concerne le réseautage, le soutien aux jeunes entrepreneurs et la diffusion de l’information sur les postes disponibles en région.
Bien que la situation économique et démographique des régions sont en amélioration, l’exode des jeunes préoccupe encore beaucoup d’acteurs. La chute démographique appréhendée additionnée à l’exode des jeunes aura, sans aucun doute, un impact négatif sur les régions au cours des prochaines années. À cet effet, les prévisions de l’effectif scolaire des différentes régions illustrent assez bien le sérieux de la situation. Une chute est appréhendée dans toutes les régions, allant d’une diminution de 2 % pour la région de Montréal à 40 % pour la région de la Gaspésie.

Au plan collégial, les régions métropolitaines verront leur effectif augmenter de 14 % pour Montréal et de 18 % pour Laval. Par contre, pour la majorité des régions, on prévoit une chute de la population étudiante. Les régions les plus touchées sont le Bas-St-Laurent (-21 %), le Saguenay–Lac-St-Jean (-27 %), la Mauricie (-15%), l’Abitibi-Témiscamingue (-20 %), la Côte- Nord (-16 %) et la Gaspésie (-23 %) [15]. L’exode des jeunes pour des fins d’études postsecondaires doit avoir un impact dans la diminution appréhendée de l’effectif étudiant dans les régions ressources et de son augmentation dans la région métropolitaine. Le tableau suivant regroupe les pourcentages pour l’ensemble des régions du Québec.

Tableau 3 : Prévisions démographiques dans les établissements d’enseignement selon les régions

L’étude intitulée L’insertion professionnelle et la mobilité géographique des néodiplômés et des étudiants universitaires en région, fait pour le compte de la FEUQ et de l’Observatoire Jeunes et Société, contient un sondage auprès des jeunes dont certaines questions portent sur les intentions de retour en région. Les données démontrent que 59 % des jeunes Québécois désirent faire un retour dans leur région d’origine. Les jeunes provenant des régions périphériques sont partagés d’une façon pratiquement égale sur leur volonté d’un retour ou non dans leur région d’origine. En fait, comme nous démontre le tableau 4, 51,6 % des jeunes provenant des régions périphériques désirent y retourner, contre 49,4 % qui se disent indécis ou qui ne désirent pas y retourner.

Tableau 4 : Intérêt à un retour dans le milieu d’origine selon le type de région d’origine

Plus la scolarité est avancée, plus la volonté de retour en région des jeunes augmente. Le tableau 5 démontre que 75 % des jeunes diplômés de troisième cycle désirent faire un retour dans leur région d’origine, comparativement à un taux de 66,1 % pour les diplômés de maîtrise et de 56,2 % pour les diplômés du baccalauréat.

Tableau 5 : Intérêt à un retour dans le milieu d’origine selon la scolarité

La grande majorité des étudiants (75,1 %) sondé indique qu’un retour en région serait effectué s’il était possible d’y gagner sa vie. Cette donnée démontre qu’il n’y a pas de dévalorisation des régions ressources auprès des jeunes. Les jeunes désirent retourner dans leur région d’origine ou tout simplement s’établir en région ressource. À ce titre, soulignons que 89,3 % des jeunes répondent qu’un retour serait effectué en région pour profiter de la bonne qualité de vie.

À la lumière de ces données, les régions se retrouvent devant plusieurs défis. Elles peuvent les affronter de façon positive, notamment, car les jeunes ont la volonté de s’y établir.

Type d’emploi – Les jeunes en emploi dans le secteur des services

Dans les 30 dernières années, le marché du travail a évolué et le portrait des jeunes et des secteurs d’emploi est bien différent qu’en 1976. La recherche Perspectives et conditions d’emploi [16]nous apprend que 80 % des jeunes travaillent maintenant dans le secteur des services, ce qui représente une augmentation de 13 %. De plus, la présence des jeunes dans la fonction publique a diminué, les jeunes de moins de 35 ans ne représentant que 10,2 % de l’effectif régulier en 2003-2004 [17].

Entre 1976 et 2005, les jeunes font des gains et accusent des pertes dans divers secteurs, mouvements qui peuvent différer selon le sexe. Les deux genres ont en commun des gains d’emplois dans le secteur de l’hébergement et des services de restauration tandis que des pertes notables sont enregistrées dans le secteur de la fabrication et dans les administrations publiques.

 [18]

Avec la politique du 2 pour 1 du gouvernement, qui consiste à engager une ressource humaine à la suite du départ à la retraite de deux employés, la faible proportion des jeunes dans la fonction publique ne risque pas de se modifier. Notons aussi que les communautés culturelles représentent le plus bas taux de représentativité avec 2,5 % de l’effectif régulier en 2003-2004 [19].

Ces changements sont principalement causés à la tertiarisation de l’économie qui a transformé le visage industriel du Québec et qui a eu un impact certain auprès des jeunes travailleurs. La rechercheTransformations du marché du travail a confirmé cet état de fait.

Les effets de la scolarité sur la situation en emploi

La scolarité a un impact direct sur l’insertion professionnelle et sur les conditions d’emploi. Les données démontrent qu’elle a un impact positif : meilleur taux d’activité, taux de chômage plus faible et meilleurs salaires. Au Québec, les emplois obtenus par les diplômés sont fréquemment à temps plein (entre 86,3 % et 91,2 %) et le lien entre l’emploi et la formation augmente avec la scolarité [20] . Par contre, les jeunes qui ont des problèmes de formation (décrocheurs) sont particulièrement aux prises avec des difficultés d’insertion professionnelle. Le tableau suivant illustre les différentes situations des diplômés après la fin de leurs études. On remarque que la scolarisation a un effet positif par rapport à l’emploi. Le pourcentage en emploi est au-dessus de 69 % pour tous les diplômés peu importe leurs formations. Aussi, la durée de recherche d’emploi est moins importante pour les diplômés du DEP, ASP et DEC Technique que pour les diplômés universitaires. Finalement, les salaires sont plus avantageux pour les diplômés universitaires, en particulier pour les diplômés de la maîtrise.

Tableau 6 : Situation des diplômés 2 ans après la fin de leurs études, Québec, 2003

Emploi selon le type de formation

Dans les 40 dernières années, le Québec a vécu une hausse de la scolarisation de sa population. Cette situation se perçoit maintenant sur le marché du travail : le niveau de scolarisation en emploi n’a jamais été aussi élevé au Québec. Les personnes ayant un diplôme d’études postsecondaire occupent 571 000 emplois de plus en 2005 qu’en 1990 (+62,7 %) [21]. Toutefois, il faut spécifier que le niveau de scolarité demandé ne correspond pas nécessaire aux besoins réels des emplois. En effet, l’augmentation du nombre de diplômés universitaires a fait augmenter la demande des employeurs concernant les qualifications académiques.

Bien que les jeunes soient généralement plus instruits lorsqu’on compare la situation d’aujourd’hui avec celle de 1995, l’évolution du taux de chômage et du taux d’emploi démontre qu’il est de plus en plus facile de se trouver un emploi peu importe la scolarisation complétée. Toutefois, les statistiques démontrent que les conditions d’emploi sont généralement meilleures lorsque la formation est élevée et particulièrement lorsqu’elle est complétée.

Le graphique 3 illustre la répartition de l’emploi par rapport à la scolarité pour l’Ontario, le Québec et les autres provinces. On y voit clairement l’importance actuelle de l’économie du savoir.

Graphique 4 : Répartition de l’emploi en 2005, selon le plus haut niveau de scolarité atteint, Québec, Ontario et autres provinces (en %)

Pénurie de la main-d’œuvre dans le secteur professionnel

Le Québec vit présentement une difficulté de recrutement dans le secteur de la formation professionnelle et technique. Cette pénurie aura des impacts négatifs pour les secteurs industriels québécois particulièrement touchés par cette problématique. Avec les départs massifs à la retraite, la situation pourrait s’aggraver. Des efforts ont été consentis par le gouvernement pour remédier à cette situation, notamment grâce à la valorisation de la formation professionnelle, ainsi que par la reconnaissance des acquis et compétences.

L’augmentation des standards des différentes industries pour demeurer compétitives au niveau international est une des causes de cette pénurie. En augmentant les standards, ainsi qu’en modifiant leurs pratiques et techniques, les industries se retrouvent, sans cesse, devant le besoin d’une main-d’œuvre qualifiée, à la fine pointe du savoir dans leur domaine respectif. Présentement, les écoles de formation professionnelle et technique ne sont pas en mesure, même s’il y a eu certaines améliorations en la matière, de fournir la main-d’œuvre nécessaire pour certains secteurs, par exemple le secteur du textile et de la construction. Notons que le taux de diplomation dans le secteur professionnel et technique au Québec est de 10 % sous la moyenne des pays de l’OCDE [22].

C’est pour relever le défi de la pénurie de cette main-d’œuvre que la CPMT a décidé de prioriser la reconnaissance des acquis, au moyen de l’implantation du programme d’apprentissage en milieu de travail (PAMT). Les PAMT sont établis de concert avec le milieu et les comités sectoriels de main-d’œuvre. Une fois approuvés par la CPMT, les PAMT représentent une forme de diplôme pour les travailleurs.

Rappelons que le gouvernement a mis en place en 1995, la loi favorisant le développement de la main-d’œuvre (loi du 1 %) qui oblige les entreprises dont la masse salariale est supérieure à 250 000 dollars à investir 1 % dans la formation de ses employés. En 2003, le gouvernement a haussé le seuil d’assujettissement à cette loi aux entreprises dont la masse salariale est supérieure à un million de dollars. Le CAJ et un grand nombre de groupes ont critiqué ce changement, car les PME gagnaient énormément à former leurs employés.

En 2007, de grandes modifications ont été apportées à la loi du 1 %. Son nom est révélateur : Loi favorisant le développement et la reconnaissance des compétences de la main-d’œuvre. Elle a comme objectif « d’améliorer la qualification et les compétences de la main-d’œuvre par l’investissement dans la formation, par l’action concertée […], ainsi que par le développement des modes de formation et la reconnaissance des compétences des travailleurs en emploi. » [23] Elle vise également à améliorer l’adaptation, l’insertion en emploi et la mobilité des travailleurs.

Les deux tableaux suivants illustrent l’augmentation de la participation et de la diplomation en formation professionnelle. Mis à part l’année 1998-1999 où une diminution du taux d’inscription a été vécue, la situation dans ce secteur éducatif s’est sensiblement améliorée. Les graphiques 4 et 5 illustrent cette situation en indiquant d’abord le taux de diplomation et ensuite le taux d’inscription. Il faut spécifier que les données du MELS ne comprennent pas les attestations d’études collégiales.

Facteur névralgique pour maintenir une compétitivité et une vitalité de plusieurs secteurs professionnels, l’augmentation de la diplomation en formation professionnelle et technique et l’amélioration de la reconnaissance des acquis représentent des priorités majeures pour le Québec. À cet effet, les efforts doivent être poursuivis en ce domaine. La mise en place de programme de reconnaissance des acquis doit demeurer une priorité, car même une augmentation majeure des inscriptions et de la diplomation en formation professionnelle ne sera pas suffisante pour répondre aux besoins de certains secteurs industriels.

Taux de chômage et taux d’emploi selon la formation

Comme nous l’avons démontré ci-haut, les conditions d’emploi sont généralement meilleures lorsque le niveau de scolarisation est plus élevé, mais surtout lorsqu’il est complété. À cet effet, le chômage est plus bas pour les détenteurs de diplômes postsecondaires et plus élevé auprès des jeunes qui n’ont pas de diplôme d’études postsecondaires. Le tableau et le graphique suivants illustrent l’impact positif de la scolarisation sur la diminution du taux de chômage.

Tableau 7 : Taux de chômage des personnes diplômées, selon l’ordre d’enseignement et le type de diplôme (en %)

Graphique 7 : Taux de chômage des personnes diplômées, selon le type de diplôme (en %)

Les jeunes éprouvant des difficultés à s’insérer dans la société

La situation en emploi des jeunes sans diplôme est très différente de celle vécue par les jeunes diplômés du postsecondaire : elle est critique. En 2005, les personnes sans diplômes occupent 396 000 emplois de moins qu’en 1990. Lors de la même période, les personnes ne possédant qu’un diplôme d’études secondaires occupent 22 000 emplois de moins, soit une chute de 3,5 %. La situation est encore plus préoccupante pour les jeunes qui n’ont pas de diplômes : ils occupent 374 000 emplois de moins en 2005 qu’en 1990, soit une chute de 40,5 % [24].

Les jeunes décrocheurs vivent dans une situation de grande précarité. Ils sont souvent aux prises avec des problèmes importants : problèmes d’alphabétisation, de toxicomanie, etc. Plusieurs d’entre eux ont quitté l’école à 16 ans pour diverses raisons (problèmes personnels, manque d’intérêt) et se retrouvent dans une situation difficile, dans bien des cas sans soutien public (sans- chèques). « Entre le 1er avril 2001 et le 30 mars 2002, les jeunes de moins de 30 ans ont compté pour 48,3 % de l’ensemble des participants aux mesures actives d’Emploi-Québec qui n’avaient aucun soutien public du revenu (35,8 % avaient moins de 25 ans) » [25].

Conditions économiques

Nous avons remarqué précédemment que la situation en emploi s’est améliorée au cours des dernières années : taux d’emploi plus important, taux de chômage en constante diminution, ouvertures possibles de postes pour les jeunes grâce aux départs à la retraite. Toutefois, bien que la situation semble très positive, la réalité n’est pas si reluisante. En effet, plusieurs études démontrent que les conditions d’emploi et le pouvoir économique des jeunes est en diminution.

D’abord, en 2006, 47 % du total des emplois occupés par les 15 à 24 ans sont des emplois à temps partiel comparativement à 12 % pour les 25 à 44 ans. Les emplois à temps plein représentent 88 % des emplois pour les 25 à 44 ans et 53 % pour les 15 à 24 ans [26].

De plus, l’étude intitulée L’insertion professionnelle et la mobilité géographique des néodiplômés et des étudiants universitaires en région, démontre que lorsque l’on procède à un examen détaillé des conditions d’insertion professionnelle des diplômés universitaires, on remarque une dégradation de la situation des universitaires sur le marché du travail, et ce, depuis 1992. Par exemple, entre 1992 et 2005, les jeunes diplômés du baccalauréat et de la maîtrise ont vécu une baisse significative du taux de placement. En 1992, le taux était supérieur à 90 % et en 2005, il est sous la barre des 80 %. Aussi, depuis 1997, le ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport (MELS) a enlevé des indicateurs concernant le taux de placement à temps plein des diplômés universitaires. Lorsqu’on fait l’analyse du taux de placement des diplômés, on remarque une chute du taux de 1982 à 1997. Le taux de placement à temps plein des diplômés de la maîtrise était de 71,9 % en 1982 et de 48 % en 1997. Pour les bacheliers, le taux est passé de 59,9 % en 1982 à 37,5 % en 1997.

Selon cette même étude, on remarque que les conditions économiques des jeunes diplômés universitaires se détériorent. Les diplômés universitaires ont vécu une diminution de leur pouvoir économique en dollars constants. Le graphique 8 en fait la démonstration.

Graphique 8 : Évolution du salaire hebdomadaire moyen pour les titulaires de baccalauréat et de maîtrise, en dollars courants et dollars constants de 2005 – 1992-2005

En comparant la rémunération hebdomadaire moyenne des diplômés universitaires de 1992 et 2005, il y a eu une augmentation de 106 $ en dollars courants. Par contre, en dollars constants, la situation est différente. En effet, les 613 $ de 1992 valent 777 $ en 2005, ce qui représente non pas une augmentation, mais bien une diminution moyenne de 164 $ par semaine. Il faut tout de même préciser que certains domaines restent encore très bien rémunérés, comme la médecine, l’ingénierie et l’administration.

Tableau 8 : Distribution des répondants selon le revenu annuel et la scolarite

Le tableau 8 apporte des précisions concernant la condition économique des étudiants. On remarque, mis à part les diplômés du doctorat, que la majorité des diplômés gagnent moins de 29 999 $. En effet, 63,9 % des diplômés du baccalauréat et 59,6 % des diplômés de maîtrise ont dévoilé qu’ils gagnent moins de 29 999 $.

Cette perte de pouvoir économique chez les jeunes est également soulignée par une étude de Statistique Canada intitulée Les bons emplois disparaissent-ils au Canada ? [27] : la proportion des jeunes travailleurs plus faiblement rémunérés (salaire horaire inférieur à 10 $) est plus importante en 2004 qu’elle ne l’était en 1986. Aussi, au cours de la même période, on observe une augmentation de la faible rémunération pour les 17-34 ans. La fréquence de faible rémunération chez les hommes passe de 26,0 % à 32,9 % et chez les femmes, elle passe de 39,4 % à 41,9 %.

Dans leur étude, les auteurs Myles, Picot et Wannell posent un constat similaire quant à la baisse des salaires relatifs des jeunes dans les années 80 : « pour les travailleurs de moins de 25 ans [16- 24 ans], cette baisse pouvait atteindre 15 à 20 %. Inversement, les salaires relatifs des travailleurs plus âgés se sont accrus dans une proportion atteignant 15 % chez les travailleurs de 45 à 50 ans » [28] . Ce phénomène n’est pas spécifique au Québec et au Canada. Il est également observé dans l’ensemble des pays membres de l’OCDE. Les auteurs mentionnent la théorie selon laquelle l’évolution technologique engendre une prime à l’expérience de plus en plus importante et qu’il est plus simple de réduire les salaires des nouveaux employés afin de préserver les acquis des travailleurs ayant de l’ancienneté. Les pertes salariales pour les jeunes apparaissent préoccupantes car, selon leur analyse longitudinale, « les cohortes plus jeunes ne “rattrapent” pas les cohortes plus âgées à mesure qu’elles avancent en âge et acquièrent de l’expérience » [29].

Syndicalisation plus faible

Les jeunes de 15-24 ans ont un taux de syndicalisation plus faible que les autres groupes d’âge. Le tableau 9 illustre qu’en 2006, le niveau de syndicalisation des jeunes de 15-24 ans est de 23,7 % comparativement à 40,2 % pour l’ensemble de la population. Cette situation est probablement explicable par le type d’emploi que les jeunes de 15-24 ans occupent, soit majoritairement des emplois dans le secteur des services.

Tableau 9 : Taux de syndicalisation par grappe d’âge

Par contre, une recherche de l’Institut de la statistique du Québec note une amélioration dans la situation des jeunes de 15 à 29 ans sur le plan de la présence syndicale dans leur milieu de travail. De 1997 à 2005, les emplois syndiqués ont connu une croissance de 46,5 % chez les jeunes de 15 à 29 ans comparativement à une augmentation de 27,3 % chez les 30 ans et plus. [30]

Tableau 10 : Salaire médian et écart (avantage salarial) entre les syndiqués et les non-syndiqués pour le salaire horaire et pour le salaire hebdomadaire, tous les employés, 1997 à 2006

Le tableau 10 démontre que la syndicalisation apporte généralement de meilleures conditions salariales. En 2006 l’ensemble des travailleurs syndiqués bénéficie d’un avantage salarial de 37,9 % pour le salaire horaire ou hebdomadaire. Toutefois, nous remarquons une diminution, depuis 1997, de l’écart de salaire entre les emplois syndiqués par rapport aux emplois non syndiqués. En 10 ans, l’écart a diminué de 16,6 % pour le salaire horaire et de 15,4 % pour le salaire hebdomadaire. Même avec ces diminutions, les emplois syndiqués sont, aujourd’hui encore, généralement synonymes de meilleures conditions d’emploi.

Les jeunes entrepreneurs [31]

L’entrepreneuriat représente un élément central de la diversification de notre économie et donc de la santé économique de notre territoire. Au Québec, elle a connu, au cours des dernières années, une croissance auprès des jeunes. Selon les données compilées par le Global Entrepreneurship Monitor (GEM), la proportion des jeunes intéressés à se lancer en affaires a augmenté de 80 % depuis 2002. Cette même étude démontre que les jeunes Québécois de moins de 35 ans sont plus nombreux que les jeunes Canadiens à prévoir créer une entreprise dans les trois prochaines années avec une proportion de 18 % comparativement de 16,8 %. Aussi, les jeunes Québécois sont plus nombreux que les Canadiens à percevoir l’entrepreneuriat comme une carrière possible, 85,4 % comparativement à 71,7 %. Les récents efforts gouvernementaux en matière d’entrepreneuriat ont probablement eu un impact positif à cet égard.

Par contre, même avec ces données encourageantes, le Québec est toujours en retard par rapport au reste du Canada dans ce domaine. En effet, la proportion des personnes de plus de 35 ans désirant créer une entreprise est deux fois plus élevée que dans le reste du Canada (16,8 %) que pour le Québec (9,7 %). Mentionnons aussi que la proportion des jeunes de 25 à 34 ans possédant une entreprise est de 20,6 % au Québec comparativement à 31,6 % dans le reste du Canada.

Emploi atypique

Le travail atypique n’a pas de définition arrêtée. Normalement, on le définit en le mettant en opposition avec le travail traditionnel : « un travailleur relève d’un employeur, travaille à longueur d’année et à temps plein dans les locaux de son employeur, jouit d’avantages et de droits importants et s’attend à être employé indéfiniment » [32]. Dans la catégorie des emplois atypiques, on retrouve plusieurs sortes d’emplois : emploi à temps partiel, emploi à durée déterminée, emploi occasionnel, emploi temporaire, emploi sur appel, emploi d’agence de location de personnel, ainsi que les travailleurs autonomes et indépendants.

Ce phénomène est en constante évolution depuis les 30 dernières années. Au Québec en 2001, 36,4 % du total des emplois était composé d’emplois atypiques. Lorsqu’on enlève les étudiants du calcul, le pourcentage s’établit à 31,2 %, ce qui représente une proportion assez importante. Le tableau 11 indique que depuis 1976, l’emploi atypique a connu une augmentation d’environ 20 points de pourcentage. Cette situation ne tend pas à diminuer. Au contraire, elle commence à s’établir comme une nouvelle réalité du marché du travail.

Tableau 11 : Évolution de l’emploi atypique au Québec selon Statistique Canada

Le travail atypique touche particulièrement deux catégories de travailleurs : les femmes et les jeunes. Spécifions que les jeunes ayant peu ou pas de formation se retrouvent dans une situation plus difficile. Pour eux, la situation de travail atypique est souvent involontaire et synonyme de précarité, de faible rémunération et d’absence d’avantages sociaux (vacances, fonds de pension, assurances, etc.). Pour d’autres, par contre, le travail atypique peut être avantageux en offrant plus de flexibilité, notamment la flexibilité des horaires.

Ces types d’emplois sont difficiles à qualifier juridiquement et échappent à plusieurs lois et protections sociales existantes. De plus, certains programmes sociaux exigent des préalables créant ainsi d’autres barrières aux travailleurs atypiques. Nous pouvons citer l’exemple du programme d’assurance-emploi qui exige un minium de 910 heures pour y avoir accès, tandis que les travailleurs temporaires ou à temps partiel travaillent annuellement moins de 800 heures [33]

Aussi, les conditions salariales des emplois atypiques sont souvent plus faibles. Selon les données de Statistique Canada, le salaire horaire de ce type d’emploi est de 11,58 $, comparativement à 18,89 $ pour les travailleurs typiques. En prenant en compte que les travailleurs atypiques font moins d’heures, ils se retrouvent dans une situation économique encore plus difficile. Selon Statistique Canada, le revenu annuel des travailleurs temporaires ou à temps partiel est de 10 900 $ en 2001, comparativement à 40 900 $ pour les travailleurs typiques.

Soulignons aussi que selon les données de la CSST, les jeunes de moins de 25 ans se blessent une fois et demie de plus que leurs aînés. Il y a près de 24 000 travailleurs de 24 ans et moins qui se blessent par année. Pis encore, à chaque mois un jeune perd la vie au travail [34] .

En somme, la problématique du travail atypique réside dans le fait qu’une grande partie des personnes qui se retrouvent dans cette catégorie échappe aux protections des normes et des lois du travail. Elle représente un dossier incontournable auquel nous devons porter une attention particulière.

Transformation du marché du travail

Les données précédentes démontrent que même avec une bonne situation économique au Québec, les conditions de travail des jeunes ont tendance à diminuer. Cette situation, selon plusieurs observateurs, est causée par les transformations du marché du travail [35].

Selon notre étude sur cette question, à long terme, deux grands courants devraient déterminer la situation de l’emploi des jeunes au Québec. Il s’agit du mouvement de mondialisation et des changements démographiques. D’abord, les effets de la mondialisation peuvent produire une dégradation du marché du travail des jeunes. Quant à l’évolution démographique, elle aura des effets sur ce marché du travail plus difficiles à prévoir. Certains experts perçoivent dans la modification démographique de la population un levier positif pour l’emploi chez les jeunes, tandis que d’autres appréhendent l’avenir en emploi pour les jeunes d’une façon plus pessimiste.

À l’heure actuelle, les pressions compétitives que subissent les entreprises vont demeurer et elles vont probablement augmenter. La vague de déréglementations et de privatisations qui accompagnent la mondialisation va sûrement continuer, ainsi que l’augmentation du travail atypique, la diminution des salaires et des bénéfices.

Constats

À la lumière des données de la première partie, nous pouvons constater que la situation des jeunes en emploi n’est pas aussi favorable qu’on peut le penser. Les transformations du marché du travail ont modifié les conditions d’emploi, principalement auprès des nouveaux travailleurs. Les jeunes se retrouvent dans une situation difficile, notamment au niveau de l’insertion professionnelle, du maintien en emploi et des conditions de travail.

L’éducation, la lutte au décrochage, la situation des minorités visibles, les efforts en région, la lutte au travail atypique et la reconnaissance des acquis représentent des créneaux où il est capital d’intervenir pour améliorer la situation. Voici les différents constats à partir desquels les actions devront s’orienter.

L’éducation

Miser sur l’éducation, particulièrement sur la réussite scolaire, représente le gage d’une insertion professionnelle réussie et d’un bon maintien en emploi. Les données nous indiquent que les personnes diplômées ont de meilleurs emplois, un taux de chômage plus faible et un taux d’emploi plus important. De l’autre côté, les personnes sans diplôme ont un taux d’emploi plus faible, des emplois moins bien rémunérés et un taux de chômage plus élevé. Ainsi, l’éducation doit rester accessible pour permettre aux travailleurs d’entreprendre une formation, de se perfectionner ou tout simplement de se recycler.

Offre de programmes d’emploi flexible

Il est important d’offrir des programmes répondants aux besoins de la clientèle en difficulté, afin de régler les problèmes souvent plus profonds qu’un manque de formation. Si les jeunes en difficulté sont laissés de côté, ils risquent d’occuper des emplois à faible rémunération toute leur vie ou tout simplement devenir des décrocheurs sociaux. Avoir comme seul objectif l’intégration rapide en emploi ne représente pas la meilleure solution. Pour être pleinement actif et fonctionnel sur le marché du travail, il faut que le jeune ait réglé certains problèmes (alphabétisation, toxicomanie, etc) qui sont préalables à une insertion professionnelle réussie.

Minorité visible

La situation des minorités visibles en emploi est à prendre en considération. Leur taux d’emploi est plus faible que le reste de la population et le taux de chômage est plus important. Il faut faire tomber les barrières des préjugés afin d’offrir des chances égales en emploi pour tous les citoyens québécois, et ce, peu importe leurs origines. Le problème de la reconnaissance des acquis et des compétences cause beaucoup de torts à plusieurs nouveaux arrivants. Les efforts pour améliorer la reconnaissance des diplômes doivent être intensifiés et accélérés.

Poursuivre les efforts en région

La situation vécue dans les régions s’est améliorée au cours des dernières années. Toutefois, les régions demeurent encore dans une situation incertaine, en raison des effets prochains de la modification démographique. Les efforts entamés depuis quelques années déjà doivent se poursuivre.

Le travail atypique

Le travail atypique est devenu une nouvelle réalité pour les jeunes travailleurs. Ce type d’emploi peut avoir des aspects positifs pour les travailleurs, mais lorsqu’il est involontaire, il est synonyme de précarité. Pour faire face à cette situation intelligemment, nous devrons mieux encadrer ce type de travail.

Les jeunes entrepreneurs

L’entrepreneuriat est central afin d’assurer une économie diversifiée et prospère. La perception des jeunes Québécois face à l’entrepreneuriat a changé au cours des dernières années. Ils sont maintenant plus nombreux que les jeunes Canadiens à considérer l’entrepreneuriat comme perspective professionnelle. Ainsi, il est important d’appuyer convenablement les jeunes qui choisissent cette voie professionnelle.

Reconnaissance des acquis et des compétences

La Commission des partenaires du marché du travail, le ministère de l’Emploi et de la Solidarité sociale et le ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport ont uni leurs efforts pour améliorer ce dossier. Dans la perspective où l’on aura besoin plus longtemps des travailleurs sur le marché du travail et où la formation est primordiale pour garder les employés compétitifs, la reconnaissance des acquis est centrale dans la performance du marché du travail québécois.

Agir dès maintenant

Introduction

La mise en contexte a dressé un portrait de la situation des jeunes sur le marché du travail et les constats sont clairs : même si les conjonctures laissent présager un avenir favorable, en réalité, les jeunes se retrouvent trop souvent dans des situations difficiles sur le marché du travail.

Le contexte actuel ne permet pas au Québec de perdre des nouveaux travailleurs du marché du travail. En effet, une récente étude de Statistique Canada démontre que le taux d’activité diminuera grandement en raison des départs massifs à la retraite, affectant négativement l’économie canadienne.36 Le gouvernement doit donc accentuer ses actions et interventions pour épauler les jeunes sur le marché du travail.

Pour assurer la réussite des jeunes sur le marché du travail, il faut que les actions soient concertées et planifiées dans un cadre stratégique. À cet effet, le renouvellement de la prochaine Stratégie d’action jeunesse, prévu pour 2009, représente la meilleure plate-forme pour une orientation stratégique en matière d’emploi et de jeunesse. En effet, elle rend possible une action transversale et interministérielle névralgique pour assurer une intervention réussie auprès des jeunes. Enfin, nous croyons qu’un des thèmes dominants de la prochaine Stratégie d’action jeunesse doit être l’emploi.

1. Que la Commission des partenaires du marché du travail (CPMT) et le ministère de l’Emploi et de la Solidarité sociale (MESS) accentuent leurs actions auprès des jeunes.

2. Que la prochaine Stratégie d’action jeunesse traite l’emploi comme une des grandes priorités.

3. Que le Secrétariat à la jeunesse implique le Comité aviseur-jeunes (CAJ) dans l’élaboration de la prochaine Stratégie, notamment en l’intégrant au comité de suivi.

Vision : le parcours vers la réussite

Dans l’élaboration d’une stratégie ou d’une politique, il est important que sa vision, c’est-à-dire son orientation globale, fasse consensus avec le milieu. Le CAJ croit que la vision de la prochaine Stratégie doit être la suivante : assurer le parcours vers la réussite des jeunes en emploi. Toute personne possède un potentiel dans un domaine en emploi qui peut soit s’épanouir ou s’évanouir. Les efforts nécessaires doivent être déployés afin de permettre à chaque jeune de s’intégrer pleinement et activement sur le marché du travail.

4. Que la vision de la prochaine Stratégie soit d’assurer le parcours vers la réussite des jeunes sur le marché du travail dans l’ensemble des régions du Québec.

Un marché du travail dynamique

Après avoir proposé la vision de la Stratégie, nous devons élaborer les actions qui devront la constituer. Avant d’entrer dans les détails, le CAJ croit qu’il est important de spécifier un autre objectif.

Nous avons remarqué que les jeunes vivent, depuis les dernières années, une perte de vitesse au niveau des conditions générales d’emploi. Les salaires tendent à baisser tout comme les protections sociales. Devant ce fait, le gouvernement et l’ensemble des acteurs du marché du travail doivent s’engager à mettre toutes les énergies nécessaires afin de créer un marché du travail dynamique et attrayant pour les prochaines générations.

5. Que la prochaine Stratégie exprime la volonté gouvernementale d’assurer un marché du travail dynamique, attrayant et avantageux pour les jeunes au Québec.

Priorité à l’éducation et à la formation

Pour créer un marché du travail dynamique et avantageux pour les jeunes, il faut tout simplement savoir utiliser les bons leviers. Selon nous, le premier levier réside dans l’importance accordée à l’éducation et à la formation. Comme nous avons vu, l’éducation, surtout la réussite scolaire, est un gage de succès d’insertion professionnelle et aussi de maintien en emploi. L’importance accordée à la formation des jeunes de moins de 30 ans est centrale à la vitalité du marché du travail, mais également pour la santé économique du Québec. Soulignons aussi que l’économie du savoir est en plein essor au Québec. Pour se démarquer au niveau de la compétition internationale, l’innovation et la spécialisation de la main-d’œuvre sont maintenant des stratégies essentielles.

Acquérir une formation universitaire ou professionnelle, revenir aux études pour se perfectionner ou se repositionner, ne doivent pas être entravés pour des raisons financières. Il faut permettre aux jeunes l’accès à une formation adéquate, assurer au maximum la diplomation, pour qu’ensuite la présence sur le marché du travail soit une réussite. Le CPJ a d’ailleurs souligné que la première action à prendre pour vaincre le décochage scolaire et social réside dans la lutte contre la pauvreté [36].

Ainsi, le gouvernement doit reconnaître dans la prochaine Stratégie l’importance fondamentale de l’accès à l’éducation et à l’apprentissage pour tous les citoyens, ainsi que l’importance de la qualité de la formation offerte.

6. Que la prochaine Stratégie reconnaisse l’importance d’une éducation accessible et de qualité à tous les niveaux d’enseignement.

Pour aller plus en profondeur dans ce sujet, nous devons faire la distinction entre les différentes formations qui peuvent être reçues par un individu. Au cours des dernières années, la diplomation universitaire a été mise en valeur, par contre elle ne représente pas le seul parcours permettant à un jeune de parvenir à son plein épanouissement professionnel. Même hors du parcours initial formel, il réside des options de formation permettant d’atteindre le marché du travail. Pour mieux exprimer notre positionnement sur la question, nous diviserons la formation en quatre catégories distinctes, soit la formation initiale, la formation continue, la reconnaissance des acquis et l’éducation populaire.

La formation initiale

On entend, par formation initiale, celle amorcée à l’école primaire et suivant son cours jusqu’à la sortie du système de l’éducation, ce qui ne peut officiellement se faire avant l’âge de 16 ans au Québec. On pense donc aux programmes d’études offerts à l’école primaire, à l’école secondaire (général et professionnel), au collégial (général et technique) et à l’université (trois cycles d’études)

 [37]

Graphique 9 : Cheminement scolaire des Québécois et Québécoises

Il faut donc s’assurer, dès le début de la formation initiale, d’échapper le moins de jeunes possible, de combattre le décrochage scolaire. À ce niveau, les écoles peuvent jouer un rôle déterminant. Sur la question précise du décrochage, les acteurs du milieu sont les mieux placés pour proposer des avenues et des solutions. Nous constatons toutefois l’importance d’agir sur cette question.

Passerelles entre la formation et le marché du travail

Pour nous, l’aspect le plus important est le passage des jeunes de la formation au marché du travail. Sur cet aspect, nous croyons que le gouvernement doit poser certaines actions prioritaires et l’indiquer dans la prochaine Stratégie d’action jeunesse.

D’abord, l’information offerte aux jeunes concernant les différentes avenues possibles à la suite de l’atteinte du diplôme du secondaire doit être améliorée. Cette amélioration passe notamment par l’ajout d’un soutien pratique dans la formation. Par exemple, des visites organisées tant dans les écoles de formation professionnelle, dans les cégeps que dans les universités permettraient aux élèves de démystifier certains préjugés par rapport aux différents ordres d’enseignement.

Cela pourrait même avoir comme impact de stimuler les jeunes, de les faire rêver un peu plus à leur cheminement scolaire et à leur réussite.

À l’université, des activités existent pour motiver les jeunes des milieux plus défavorisés à poursuivre leurs études secondaires et atteindre à terme l’université. En 2001, l’Université de Montréal a mis en place le Projet de sensibilisation aux études universitaires et à la recherche (SEUR) pour valoriser chez les jeunes du secondaire la persévérance aux études et le goût de réaliser leurs aspirations professionnelles. Ce projet a comme objectif de sensibiliser et d’intéresser les jeunes de la troisième, quatrième et cinquième année, à une formation universitaire par des conférences et des débats-midi dans les écoles secondaires, et les séjours estivaux d’immersion sur le campus de l’Université de Montréal. Un nouveau volet a été ajouté à l’automne 2007, afin de contrer le décrochage auprès des jeunes garçons à l’aide de parrainage [L’adresse de ce site esthttp://www.seur.qc.ca/index.html.]] .

Ce type d’activité est porteur d’espoir et pourrait être élaboré en programme de sensibilisation plus large que l’université. Celui-ci pourrait avoir comme objectif de sensibiliser les jeunes aux différentes formations (professionnelle, collégiale et universitaire), ainsi qu’aux différents métiers disponibles dès la fin de la formation initiale.

7. Que la prochaine Stratégie mette sur pied un programme comprenant des activités d’intégration et de participation pour faire connaître aux élèves du secondaire les différentes avenues possibles à la suite de l’atteinte du diplôme d’études secondaires.

Dans un même ordre d’idée, l’école représente le lieu central pour la majorité des jeunes. À ce titre, il serait intéressant d’offrir dans les écoles des informations sur les différents programmes gouvernementaux en matière de jeunesse ou d’employabilité offerts par le gouvernement du Québec ou les acteurs communautaires. En région, la question de la distance joue un rôle déterminant dans la connaissance et l’utilisation des programmes par les jeunes, d’où l’importance d’assurer une diffusion de l’information gouvernementale reliée aux jeunes dans les lieux les plus fréquentés par ceux-ci.

8. Que la prochaine Stratégie d’action jeunesse engage le gouvernement à rendre accessible, dans les endroits fréquentés par les jeunes, l’information sur les mesures et programmes en matière de jeunesse et d’employabilité, en collaboration avec les acteurs du milieu.

Stages et expériences de travail

L’expérience en milieu de travail est un élément vital pour assurer aux jeunes, peu importe leur formation, une meilleure insertion professionnelle. Il existe différents stages selon la situation vécue par l’individu : stages d’observation, stages d’exploration, stages de gains de compétences et stages liés à la formation académique. Bien qu’ils soient orientés pour des situations et des clientèles bien distinctes, ils offrent tous la même base : une expérience pratique en milieu de travail.

Les stages, récemment lancé sous le nom de la mesure Découvrir,permettent à des jeunes de moins de 25 ans en situation de soutien du revenu d’effectuer un stage d’exploration ou d’observation. Le stage d’exploration a une durée maximale de 4 semaines et permet au jeune d’accomplir certaines tâches dans un milieu de travail. Pour sa part, le stage d’observation a une durée de quelques semaines et permet au jeune une observation du milieu de travail qui l’intéresse. Cette mesure est extrêmement positive, car elle pave la voie du jeune en insertion professionnelle vers son retour au travail en lui faisant vivre une expérience concrète en milieu de travail. Le MESS doit accentuer ses efforts de concertation avec les entreprises et les organismes communautaires afin que le nombre de places de cette mesure soit augmenté.

9. Que la mesure des stages Découvrir soit inscrite dans la prochaine Stratégie. Qu’à cet effet, la contribution des organismes communautaires soit reconnue et que le financement de cette mesure soit bonifié.

Les stages de gains de compétences ont comme objectif d’offrir aux jeunes une expérience de travail dans leur champ d’études. Le gouvernement fédéral, dans sa Stratégie emploi jeunesse, propose le programme Connexion compétences. Ce programme offre une subvention aux organismes participants pour engager un jeune étudiant et lui donner une expérience de travail concrète dans son domaine d’études.

Ce type de programme est nécessaire compte tenu du problème du manque de compétence pratique des étudiants. En effet, lors du cheminement académique, il est rare que l’étudiant occupe un emploi lié à sa formation. Une fois en démarche d’insertion professionnelle, beaucoup de diplômés se retrouvent donc dans le cercle vicieux du manque d’expérience professionnelle. Aussi, devant le problème de l’inflation des diplômes, ce type de programme revêt un caractère encore plus important [38].

Dans l’éventualité d’un rapatriement de la Stratégie emploi jeunesse du gouvernement fédéral, nous sommes d’avis que ce programme doit être maintenu et bonifié par le gouvernement du Québec. Le programme Connexion compétences offre aux étudiants une aide concrète dans leurs futures insertions professionnelles : une expérience de travail dans leur domaine d’études.

10. Que le gouvernement du Québec s’engage à maintenir et bonifier le programme Connexion compétences à la suite du rapatriement de la Stratégie emploi jeunesse du gouvernement fédéral.

Un dernier élément à mettre en lumière sur la question des stages est la durée de ceux-ci. Les membres du CAJ ont souligné que la durée de certains stages est trop courte, notamment ceux ciblant les nouveaux arrivants qui ont normalement une durée de 15 semaines. Soulignons aussi que la mesure Préparation pour l’emploi d’Emploi-Québec offre des stages d’une durée de 26 semaines et que les stages Découvrir sont de quelques semaines seulement.

La durée minime d’un stage peut créer des problèmes de maintien en emploi considérant que les acquisitions de compétences peuvent être moins importantes lorsque le stage est trop court. Aussi, le stage vient souvent avec un encadrement offert par l’organisme suivant le jeune en situation d’insertion en emploi. Ainsi, un stage plus long offre un encadrement plus important, améliorant par le fait même les chances de maintien en emploi. En somme, il serait intéressant que le gouvernement évalue la possibilité d’augmenter la durée des stages offerts dans le cadre de ses programmes et mesures.

11. Que le gouvernement du Québec fasse la recension de ces différentes offres de stages et qu’il évalue la pertinence d’en augmenter la durée afin de mieux outiller les jeunes avant leur insertion en emploi.

La formation continue

Ce type de formation est encore perçu avec certains préjugés : une formation s’adressant à ceux qui ont des difficultés, pouvant représenter un échec plutôt qu’un choix stratégique. Pourtant, la formation continue est fondamentale et stratégique pour le Québec, notamment pour relever le défi de la pénurie de main-d’œuvre qualifiée. La formation continue répond à plusieurs besoins différents. Elle permet la mise à niveau ainsi que la spécialisation des travailleurs et elle offre aux décrocheurs la possibilité de terminer leur formation initiale. Depuis 2002, elle est encadrée par le Plan d’action en matière d’éducation aux adultes et de formation continue.

Dans un contexte où l’importance de la formation est grandissante sur le marché du travail, la formation continue représente un outil indispensable pour l’insertion professionnelle et pour le maintien en emploi. Pour favoriser la formation continue, l’offre de programmes doit être variée et accessible. Nous croyons important de préciser deux aspects quant à deux groupes précis, soit les personnes avec de sérieuses lacunes en formation et les nouveaux arrivants.

D’abord, les personnes ayant de sérieuses lacunes, par exemple en alphabétisation, doivent suivre une formation pour être fonctionnelles sur le marché du travail et même dans la vie de tous les jours. Pour ces personnes, il est souvent prescrit de suivre une mesure d’alphabétisation préalable à une mesure de réinsertion en emploi. Il est parfois possible de suivre les deux mesures en même temps, par exemple avec la mesure de Préparation pour l’emploi. Par contre, une étude du CAJ [39] révèle qu’il existe encore des lacunes dans l’arrimage entre les deux formations. En effet, il est possible qu’une personne soit orientée en emploi avant même que la formation en alphabétisation soit concrétisée. Cette situation peut être évitée en offrant une plus grande flexibilité dans l’octroi des mesures et en favorisant les arrimages de ces dernières.

Le deuxième aspect réside dans l’accès aux mesures de formation de base pour les nouveaux arrivants, notamment les cours de francisation. Pour assurer une meilleure intégration sociale et professionnelle, il faut maximiser l’accès à cette formation linguistique. Ainsi le gouvernement doit soutenir au maximum les organisations qui œuvrent à ce niveau.

12. Que la prochaine Stratégie engage Emploi-Québec à offrir plus de flexibilité dans ses programmes, notamment pour les personnes ayant des problèmes d’alphabétisation.

13. Que le gouvernement du Québec s’engage dans la prochaine Stratégie à soutenir et à financer adéquatement les organisations qui offrent des cours de francisation aux nouveaux arrivants.

La reconnaissance des compétences

La reconnaissance des acquis et des compétences fait référence au mécanisme offrant la possibilité à un travailleur de se voir reconnaître de façon officielle par un certificat ou un diplôme ses connaissances (acquis), ainsi que le savoir-faire (compétences). Ce processus est déjà bien implanté au Québec, notamment dans le domaine de la construction où le travailleur doit être accompagné et suivi dans différentes étapes pour acquérir pleinement son métier. Elle a été reconnue comme un droit dans la politique gouvernementale d’éducation aux adultes.

D’aucuns ont le réflexe de penser que la reconnaissance des acquis et des compétences entre en compétition directe avec le système d’éducation. Ce n’est toutefois pas le cas. Elle y est plutôt complémentaire. Dans certains cas, particulièrement pour les secteurs en pénurie de main- d’œuvre qualifiée, la reconnaissance des acquis représente la seule alternative pour répondre à la demande actuelle.

En reconnaissance des compétences, certains programmes existent déjà, comme le programme d’apprentissage en milieu de travail (PAMT) implanté par Emploi-Québec et qui relève aujourd’hui de la CPMT. Les PAMT existent dans une soixantaine de métiers. Lors de la rencontre annuelle des partenaires, les comités sectoriels de main-d’œuvre saluaient tous en chœur cette initiative. Toutefois, ils affirmaient à l’unisson que l’échéance était trop longue avant qu’un PAMT devienne fonctionnel. Dans certains cas, cette situation était problématique car la pratique pouvait changer rendant ainsi le PAMT désuet dès son entrée en fonction.

Le gouvernement a priorisé la reconnaissance des compétences. Il en a fait la démonstration en modifiant la loi sur la formation de la main-d’œuvre et en donnant plus de pouvoir à la CPMT dans ce domaine. Le CAJ se réjouit de cette initiative.

La reconnaissance des acquis et compétences doit également cibler les jeunes les plus éloignés du marché du travail [40] . Bien souvent, ces personnes ont acquis des compétences au fil de leur parcours professionnel. Il est toutefois difficile de lier ces expériences avec une possibilité de reconnaissance formelle. À cet effet, la Coalition des organismes communautaires en développement de la main-d’œuvre (COCDMO) recommande la reconnaissance formelle des compétences génériques, comme la capacité d’organisation, la capacité de gestion, la capacité de socialiser. Cette reconnaissance aurait deux impacts majeurs. D’abord, elle apporterait à la personne éloignée du marché du travail un coup de pouce fort important dans son cheminement vers l’emploi. Ensuite, elle offrirait une possibilité de réintégration au marché de l’emploi, notamment pour les emplois non spécialisés.

14. Que la prochaine Stratégie mette sur pied, en collaboration avec les organismes concernés, un programme de reconnaissance de compétences génériques afin de rejoindre les personnes les plus éloignées du marché du travail.

Afin de favoriser la formation des travailleurs, une des politiques qui a été mise en place et qui a démontré son efficacité au Québec est la Loi favorisant le développement et la reconnaissance des compétences de la main-d’œuvre (loi du 1 %). Un des éléments de cette loi contraint les employeurs, ayant une masse salariale de plus de un million de dollars, à investir l’équivalent de 1 % de la masse salariale dans le développement d’activités de formation visant à développer le personnel de l’entreprise.

Il est essentiel aujourd’hui, pour qu’une entreprise reste compétitive, d’offrir aux employés une possibilité de suivre des formations d’appoint ou de perfectionnement. Cependant, actuellement les employeurs peuvent utiliser les sommes de la formation de la main-d’œuvre comme ils l’entendent. Il est donc possible que ces sommes soient affectés davantage pour les cadres que pour les travailleurs. L’affectation d’une partie du pourcentage uniquement pour la formation des employés éviterait ce type de problématique.

15. Que soit inclus dans la Loi favorisant le développement et la reconnaissance des compétences de la main-d’œuvre un seuil minimal des sommes utilisées par les entreprises pour la formation de leurs employés.

L’éducation populaire

L’éducation populaire réfère à l’éducation qui est offerte hors du parcours original, par exemple l’implication, le parascolaire et le bénévolat. L’expérience acquise par l’implication peut être significative pour un jeune, car souvent recherchée par les employeurs. À cet effet, le CAJ est d’avis qu’il faut agir afin d’encourager les jeunes à s’impliquer activement.

Le mémoire de Concertation jeunesse déposé lors de la consultation sur la Stratégie d’action jeunesse 2005-2008 proposait au gouvernement de mettre en place une politique de l’engagement étudiant. En collaboration avec différents acteurs (MELS, Emploi-Québec, groupes étudiants), cette politique aurait comme objectif d’offrir une reconnaissance des acquis selon le type d’implication.

Il existe encore trop de jeunes qui hésitent à s’impliquer faute d’apports personnels : savoir qu’il est possible de se faire reconnaître cette expérience augmenterait probablement l’implication de ces derniers. Ce type de politique existe déjà dans quelques institutions scolaires. Par exemple, l’Université de Montréal offre aux étudiants une reconnaissance de leur implication, soit sous forme de crédits, d’une recommandation écrite ou d’une bourse. Cette politique se nomme la politique de reconnaissance de l’implication étudiante (PRIÉ). Ce genre de pratique pourrait facilement être élargi à l’ensemble du Québec.

La Stratégie d’action jeunesse 2006-2009 comprenait quelques actions concernant la reconnaissance de l’implication de jeunes, en s’engageant à lancer un concours de reconnaissance de l’implication et en faisant en sorte que l’école reconnaisse davantage l’implication étudiante. Nous saluons ces initiatives et nous croyons qu’elles doivent être accentuées.

16. Que la prochaine Stratégie implante un programme québécois de reconnaissance de l’implication étudiante.

Soulignons également dans le cadre de l’éducation populaire, les nombreuses simulations parlementaires qui existent au Québec (Parlement jeunesse du Québec, Parlement étudiant du Québec, Forum étudiant, Simulation de l’ONU, Simulation du Parlement Européen Canada-Québec-Europe). Ces simulations permettent aux jeunes de prendre le rôle d’un parlementaire ou d’un journaliste lors d’une simulation qui dure quelques jours. Ces simulations offrent une formation condensée et pratique du système politique québécois et des systèmes politiques internationaux. Le CAJ croit qu’il faut encourager le plus possible la tenue de ce type de simulations et l’appui financier du gouvernement y est central.

Une autre forme très pertinente de formation à la citoyenneté est, par exemple, la simulation de la participation aux élections qui existent dans les écoles secondaires de Montréal. Ce projet, parrainé par le Forum jeunesse, est très bénéfique pour les jeunes, notamment quant à la sensibilisation à l’importance de la participation électorale. La Stratégie d’action jeunesse 2005- 2008 a soutenu ce projet. Le CAJ croit que cet appui doit être réitéré.

17. Que dans la prochaine Stratégie, le gouvernement du Québec encourage et appuie financièrement les différentes simulations parlementaires québécoises.

18. Que la prochaine Stratégie réitère l’appui du gouvernement dans les initiatives jeunesse favorisant la participation citoyenne.

Agir pour aider les jeunes exclus du marché du travail

Les jeunes exclus doivent représenter une priorité pour la CPMT et le MESS. Les jeunes décrocheurs peuvent toujours revenir sur le marché du travail et s’y épanouir amplement. À cet égard, le CAJ a produit deux recherches exhaustives sur le sujet [41]. Le gouvernement a mis des efforts, notamment dans le cadre de la Stratégie d’action jeunesse 2006-2008. Par contre, selon nous, il reste encore du travail à faire, notamment concernant l’appui offert aux « sans-chèques ». La question des « sans-chèque » doit devenir une priorité.

Pour les jeunes exclus, le choix est souvent difficile d’accéder à un programme de réinsertion sans aide financière. Il est vrai qu’il est important de ne pas créer une dépendance face à l’aide gouvernementale. Par contre, l’État québécois doit accentuer les efforts pour ramener les jeunes sur le marché du travail et l’aide financière en fait partie. À ce titre, nous saluons l’initiative de la mesure IDEO 16-17 de la Stratégie d’action jeunesse du gouvernement. Nous croyons cependant qu’il serait opportun d’accompagner cette mesure d’une aide financière. À cet égard, l’investissement du gouvernement serait avantageux.

19. Que la prochaine Stratégie engage Emploi-Québec à offrir une aide financière aux jeunes de moins de 30 ans qui sont éligibles aux différents programmes, mais non éligibles aux financements de ceux-ci.

Rejoindre les jeunes décrocheurs est un mandat très difficile, car souvent ils ne vont pas d’eux- mêmes vers les centres locaux d’emploi (CLE) ou vers les autres ressources disponibles. Pour certains, « l’idée de se retrouver bénéficiaire de l’assistance-emploi est un symbole d’un échec honteux, pour d’autres, les démarches apparaissent trop complexes » [42] . Il est donc essentiel de mettre des efforts supplémentaires pour rejoindre les jeunes dans leur milieu.

Les organismes communautaires d’employabilité et les groupes d’éducation populaire sont les mieux placés pour réaliser ce mandat. Ces groupes œuvrent dans un milieu qui est proche des jeunes défavorisés, leur offrant la possibilité de trouver de la clientèle. Par contre, le recrutement ne fait pas partie de leur mandat. Par exemple, le recrutement n’est pas direct dans le programme Préparation pour l’emploi (PPE). Il faut que le prestataire soit référé par Emploi-Québec vers l’organisme communautaire ou bien que l’organisme communautaire réfère le jeune à Emploi- Québec pour qu’il revienne ensuite vers l’organisme. Il faut améliorer cette pratique, car « jouer au ping-pong » entre organismes avec un jeune décrocheur ne fait rien pour l’aider. Au contraire, cette situation augmente la possibilité de décrochage. Il faut offrir plus de souplesse aux organismes communautaires quant au recrutement et les appuyer dans cette démarche en leur offrant les ressources nécessaires.

20. Que la prochaine Stratégie engage le gouvernement à offrir plus de souplesse aux organismes communautaires et aux groupes d’éducation populaire quant au recrutement de leur clientèle.

Une autre action à entreprendre pour appuyer les jeunes décrocheurs est d’augmenter la flexibilité dans l’offre de programme [43] . La majorité des programmes ont une durée maximale de six mois. Pour certains, cette échéance est suffisante. Pour d’autres, particulièrement les jeunes décrocheurs, les personnes avec des problèmes d’alphabétisation ou les jeunes de la rue, les six mois du programme sont souvent nettement insuffisants pour permettre une pleine réussite. En effet, ces jeunes ont souvent des problèmes plus profonds à régler, comme des problèmes de logement, judiciaires ou de toxicomanie qui exigent un suivi plus étendu.

Certains pays offrent un suivi plus important que celui qui est offert dans nos programmes. Le Danemark en est un bon exemple. Les jeunes Danois n’ayant pas terminé avec succès leur formation doivent prendre un contrat de réciprocité avec leur pays. « Ils ont tous à la fois le droit et l’obligation d’entreprendre un programme de formation ou d’enseignement, pendant lequel ils sont soutenus par des allocations. Cette mesure doit durer au moins dix-huit mois et peut s’allonger jusqu’à trois ans et demi [44] ». Au Danemark, les périodes de chômage ne sont pas considérées comme des passages à vide sur le marché du travail, mais comme des périodes de formation.

Allonger certains programmes de quelques semaines ou de quelques mois peut faire toute la différence entre une réussite ou un échec. Un des programmes qui pourrait être allongé est Préparation pour l’emploi – Entreprise d’insertion. Ce programme permet aux jeunes de faire un séjour dans une entreprise d’insertion officiellement reconnue. Lors du séjour, les jeunes reçoivent le salaire minimum et d’autres frais peuvent être couverts par Emploi-Québec, comme les frais de garde et de transport. Toutefois, ce programme dure 26 semaines et est relativement court pour permettre une réelle réinsertion socioprofessionnelle. Allonger ce programme aurait comme impact d’améliorer le taux de réussite. Soulignons aussi qu’il est dans le mandat des entreprises d’insertion de faire un suivi les deux ans suivant le programme auprès du jeune. Toutefois, ne recevant pas d’appui financier pour ces deux années, les organismes affirment qu’il est difficile d’effectuer le suivi par manque de ressources humaines et financières.

21. Que soit intégrée dans la prochaine Stratégie la volonté d’Emploi-Québec d’allonger l’offre de services de ses différents programmes offerts aux jeunes, principalement ceux ciblant les personnes les plus en difficulté.

Une autre problématique vécue par les jeunes est la difficulté de se retrouver dans les différentes offres de services. Bien que les jeunes sont maintenant habiles avec Internet, il est encore difficile de trouver quel est l’endroit le plus opportun pour entreprendre le bon cheminement.

Il a été longtemps question d’un guichet unique de services pour les jeunes. Le gouvernement a tenté l’expérience en mettant en ligne le site Internet www.espacej.gouv.qc.ca. Ce site a comme objectif d’offrir une plate-forme permettant aux jeunes de trouver tout ce qui est relié à la jeunesse. Toutefois, une visite du site permet de constater qu’il mérite certaines améliorations, notamment concernant les mesures d’aide en emploi destinées aux jeunes.

Soulignons également que ce site est très peu connu. Nous croyons qu’une fois que ce guichet Internet pour les jeunes sera amélioré, il faudra en faire la promotion pour qu’il devienne réellement un outil de référence utilisé par les jeunes.

22. Que le gouvernement s’engage dans la prochaine Stratégie à améliorer le site Internet EspaceJ et d’en faire la promotion.

Appuyer adéquatement les minorités visibles et les nouveaux arrivants dans leur accès à l’emploi

Comme nous l’avons vu précédemment, la situation des minorités visibles sur le marché du travail est très critique. Il faut engager les efforts nécessaires pour assurer une pleine intégration des nouveaux arrivants au Québec et cela passe principalement par un accès au marché du travail.

Il faut aussi travailler activement pour améliorer la perception des Québécois à leur égard. Comme nous l’indiquions dans un mémoire [45] , il existe encore trop de cas où des personnes sont exclues d’une entrevue ou d’un poste à cause des préjugés. À cet égard, le gouvernement et la CPMT ont un rôle à jouer pour sensibiliser la population. Une main-d’œuvre qualifiée existe et est disponible, mais elle n’est pas utilisée à son plein potentiel.

Certains programmes ont été mis en place pour aider ces personnes à intégrer le marché du travail. Par exemple, le programme Québec pluriel qui assure un suivi ainsi que du mentorat. Ce programme a eu un impact positif auprès de ses utilisateurs au point d’être élargi à quatre autres endroits dans la Stratégie d’action jeunesse 2006-2009. Il existe aussi le programme d’aide à l’intégration des immigrants et des minorités visibles en emploi (PRIIME) qui octroi une subvention aux employeurs pour payer une partie du salaire. Ce programme offre ainsi une première expérience de travail aux jeunes des minorités visibles et aux nouveaux arrivants. Les programmes dédiés à cette clientèle défavorisée doivent être maintenus et encouragés.

Finalement, un autre problème vécu par les nouveaux arrivants est la difficulté de recevoir une reconnaissance des acquis et compétences quant au travail pratiqué ou à la formation acquise dans le pays d’origine. Il y a encore beaucoup trop de médecins, vétérinaires et ingénieurs qui occupent des emplois faiblement rémunérés parce que leur formation et expérience ne sont pas reconnues. L’accès à la reconnaissance des acquis doit être amélioré, tout en assurant la plus grande rigueur quant au niveau de connaissances requis par le milieu professionnel.

Pour solutionner en partie le problème, nous proposons d’examiner la possibilité de créer des examens passerelles pour évaluer les habiletés et offrir ensuite une formation réduite selon les besoins de l’individu. Des efforts sont effectués présentement par le gouvernement du Québec auprès des ordres professionnels pour accélérer ce type de reconnaissance. Nous encourageons les efforts déployés et nous demandons à ce qu’ils soient accentués.

23. Que la prochaine Stratégie engage le gouvernement à mettre en place une campagne de sensibilisation-choc sur l’importance des nouveaux arrivants ainsi que des minorités visibles sur le marché du travail et sur la discrimination que vivent ces derniers en milieu professionnel.

24. Que la prochaine Stratégie élargisse et bonifie les programmes Québec pluriel et PRIIME.

25. Que le gouvernement s’engage dans la prochaine Stratégie à accentuer ses efforts auprès des différents acteurs et partenaires concernés afin de mettre en place un système de reconnaissance des acquis pour les nouveaux arrivants.

Répondre aux nouveaux défis du marché du travail

La prochaine Stratégie d’action jeunesse doit aussi comprendre des solutions concrètes afin de répondre aux nouveaux défis du marché du travail. On entend par nouveaux défis notamment ceux qui sont reliés aux départs massifs à la retraite et à la perte du pouvoir d’achat de la génération montante. Nous soumettrons des propositions pour assurer à la relève les leviers nécessaires pour lui permettre d’affronter ces défis avec succès.

D’abord, il est important de s’assurer que les jeunes qui entreront en entreprise puissent bénéficier d’un transfert de connaissances. Dans cette optique, nous saluons la volonté exprimée par le ministère de l’Emploi et de la Solidarité sociale (MESS) de repousser l’âge de la retraite dans son document stratégique 2005-2008. Pour le CAJ, il est important d’assurer un départ progressif à la retraite en assurant le transfert de connaissances. À cet effet, rendre disponible à l’employé une semi-retraite ou une diminution des jours de travail permettrait de favoriser un échange intergénérationnel au sein même des différentes organisations. Par contre, l’établissement de ces types de pratique dans l’optique de diminuer la possibilité des nouveaux employés d’avoir accès à des postes à temps plein est à éviter.

Il faut également souligner l’importance d’offrir aux nouveaux employés un encadrement et une formation initiale en emploi qui soient suffisants. Trop souvent, les jeunes sont laissés à eux-mêmes sans aucun appui. Cette situation tend à augmenter le stress et la dépense d’énergie néfaste au travail. Ce n’est pas l’idéal lorsqu’on considère que les jeunes travailleurs ont souvent d’autres engagements, comme la famille ou les études. À cet effet, notons que les problèmes psychologiques sont en augmentation dans les entreprises. Des études récentes, notamment celles d’Angelo Soares, démontrent qu’il y a une augmentation des problèmes de désertion et d’épuisement professionnels. Donc, il serait bénéfique que les entreprises gardent une période pour bien encadrer le nouveau travailleur dans ses nouvelles fonctions. Cet encadrement est réalisable de plusieurs façons. Par exemple, il serait possible de demander à un employé d’expérience de coacher le nouveau travailleur. Offrir un encadrement adéquat permet à l’entreprise d’assurer un bon rendement et la création d’un sentiment d’appartenance de ses nouveaux employés.

26. Que la prochaine Stratégie engage le MESS à mettre en place un programme de départ progressif à la retraite afin de favoriser au maximum le transfert de connaissances en entreprise.

Il est impératif de s’attaquer immédiatement au problème du travail atypique qui frappe majoritairement les jeunes et les femmes. Beaucoup d’actions sont à entreprendre dans ce dossier afin d’assurer à tous les travailleurs les mêmes droits et protections sur le marché du travail.

D’abord, il est important d’adapter les lois aux nouvelles réalités du marché du travail. Présentement, les flous juridiques créés par ce nouveau type d’emploi, par exemple les agences de placements, laissent trop de personnes sans protection. Nous avons rédigé un avis sur cette question qui explore cette problématique et qui soumet des pistes de solution [46] .

Nous ne pouvons empêcher ce phénomène. Cependant, il est possible d’adapter les lois pour s’assurer que les travailleurs atypiques puissent recevoir les protections minimales. Dans cette optique, il est impératif que le gouvernement agisse et rende suite aux recommandations du Rapport Bernier.

27. Que le gouvernement du Québec s’engage, dans le cadre de la prochaine Stratégie, à encadrer le travail atypique.

Nous connaissons la problématique du travail atypique dans son ensemble, il faudrait maintenant en connaître davantage sur la clientèle touchée par ce phénomène. À ce titre, nous proposons qu’une recherche qualitative soit effectuée auprès des moins de 30 ans qui se retrouvent dans cette situation d’emploi afin de mieux comprendre leur situation, notamment en ce qui concerne l’impact sur la santé, sur le pouvoir d’achat, etc. Cette recherche représenterait une excellente base pour améliorer ou élaborer des programmes d’aide à l’emploi répondant aux besoins particuliers de cette clientèle.

28. Que la prochaine Stratégie engage Emploi-Québec à mener une étude qualitative auprès des jeunes de moins de 30 ans et des femmes en situation de travail atypique. Cette étude devrait porter une attention particulière aux causes et aux conséquences de cette situation d’emploi, sa durée et les éléments qui empêchent ou favorisent l’entrée dans des formes d’emplois plus traditionnelles. Dans le cas des jeunes, l’accent devrait être mis sur ceux qui ne sont plus aux études.

Vers le rapatriement de la Stratégie emploi jeunesse

Depuis 2003, le MESS a subi des coupes de 170 millions de dollars dans l’ensemble des budgets [47]. Selon le CAJ, il est impératif que le gouvernement fasse preuve de leadership et investisse par lui-même pour améliorer ses programmes et services.

Selon notre recherche sur le rapatriement de la Stratégie emploi jeunesse du gouvernement fédéral [48] (SEJ), nous estimons à environ 60 millions de dollars annuellement le montant revenant au gouvernement du Québec pour financer les programmes d’emploi dédiés au moins de 30 ans. Il est capital que le gouvernement agisse afin de récupérer ces sommes qui lui reviennent de plein droit.

Par contre, lors de ce rapatriement, nous croyons que les mesures efficientes de la SEJ non offertes par Emploi-Québec devront être intégrées dans l’offre de service général. Nous avons précédemment fait mention du programme Connexion compétences (recommandation 10) qui devrait être repris par le gouvernement du Québec. Enfin, nous croyons que le rapatriement de la SEJ ne doit pas représenter une façon pour le gouvernement du Québec d’utiliser les sommes gagnées pour investir dans des programmes non exclusifs aux jeunes de moins de 30 ans ou pis encore de se dédouaner de son financement.

Le budget fédéral 2007 démontrait une ouverture sur cette question. Par contre, le budget fédéral de 2008 n’y faisait pas mention. Devant ce fait, nous croyons que le gouvernement doit accentuer la pression dans ce dossier : inscrire sa volonté de rapatrier ces sommes et s’engager à les réinvestir totalement pour les programmes d’employabilité jeunesse. Nous considérons que le gouvernement du Québec doit faire preuve de leadership dans ce dossier en s’y engageant dans la prochaine Stratégie.

29. Que le gouvernement inscrive dans la prochaine Stratégie sa volonté ferme de rapatrier les sommes de la Stratégie emploi jeunesse du gouvernement fédéral.

30. Que le gouvernement du Québec soit le seul maître d’œuvre des mesures actives en emploi sur son territoire, y compris en ce qui concerne les mesures visant les jeunes et l’information diffusée relativement à ces mesures.

31. Que les sommes rapatriées du fédéral soient uniquement employées par le gouvernement du Québec afin d’améliorer les services d’employabilité offerts aux jeunes et sans que les budgets ne soient réduits par ailleurs.

Un autre aspect qui doit être revendiqué par le gouvernement du Québec face au gouvernement fédéral est la clause des 910 heures exigées pour qu’un nouveau travailleur soit éligible à l’assurance-emploi. La conséquence directe de cette mesure est qu’elle exclut un grand nombre de jeunes des prestations de l’assurance-emploi, bien que ceux-ci aient contribué au régime lorsqu’ils étaient au travail. Un grand nombre de jeunes se voient exclus de ce système de protection. En effet, « en décembre 2003, 42,5 % des jeunes qui étaient de nouveaux venus (…) auraient accumulé un nombre suffisant d’heures d’emploi assurable (plus de 910 heures) pour recevoir des prestations d’assurance-emploi [49] ». C’est donc la grande majorité des jeunes travailleurs qui n’est pas couverte. Cette situation est assez préoccupante pour qu’elle fasse partie de la prochaine Stratégie d’action jeunesse et, du même chef, qu’elle fasse partie des revendications du gouvernement du Québec.

32. Que le gouvernement du Québec s’engage dans la prochaine Stratégie à faire pression sur le fédéral pour que le critère des 910 heures soit aboli.

Améliorer l’efficacité des services

Dans le cadre de la prochaine Stratégie d’action jeunesse, la volonté de travailler pour améliorer la prestation des services doit être affirmée. Emploi-Québec doit être en mesure d’offrir le meilleur service possible dans les meilleurs délais, tout en assurant un service courtois et approprié. Les employés des centres locaux d’emploi (CLE) doivent être encadrés et formés en conséquence. Pour améliorer les services offerts aux jeunes, il serait intéressant qu’Emploi- Québec envisage de former une ressource humaine par CLE pour qu’elle soit spécialisée dans les programmes et mesures jeunesse. Cette personne-ressource serait grandement bénéfique pour l’orientation et l’encadrement des jeunes cherchant de l’aide.

Un autre élément important est l’amélioration de la communication entre les CLE et les organismes externes. Nos membres soulignaient le manque de communication à cet égard. Ils ont aussi souligné le manque de connaissance des CLE concernant les organismes communautaires et leurs offres de services. Ces manques d’informations peuvent diminuer l’inscription de jeunes à certains programmes d’employabilité. L’organisation d’une rencontre annuelle entre les organismes communautaires et les ressources humaines des CLE pourrait régler cette problématique. Par cette activité, il y aurait possibilité de réseautage et d’échanges d’informations entre les différents acteurs en employabilité.

Dans l’optique de l’amélioration des services, l’implantation de la continuité des services est centrale. Il faut assurer une meilleure concertation entre les acteurs nationaux (ministères), afin de permettre une meilleure complémentarité dans l’offre de services. Pour rendre possible au niveau local la convergence des différents services, un meilleur arrimage au niveau gouvernemental est souvent préalable.
Le gouvernement a entrepris cette mission dans la Stratégie d’action jeunesse 2005-2008 avec la mesure Engagement jeunesse. Il s’est alors engagé à investir 3,5 millions de dollars pour améliorer la complémentarité entre les différentes mesures ou programmes dévolus aux jeunes. Nous soulignons cette belle initiative. Par contre, lors d’un groupe de travail, les membres du CAJ soulignaient que même avec les derniers efforts gouvernementaux, la concrétisation de la continuité de services est encore très difficile. Ainsi, selon nous, l’Engagement jeunesse doit être poursuivi et amélioré dans la prochaine Stratégie.

33. Que le gouvernement poursuive et accentue l’Engagement jeunesse dans la prochaine Stratégie d’action jeunesse.

Carnet de route : l’outil de suivi

Lorsqu’un jeune entreprend une réinsertion en emploi et utilise les services et mesures disponibles, il doit souvent passer par plusieurs étapes (organisme communautaire-CLE- organismes communautaires-centre de formation-organisme communautaire). Il serait intéressant d’envisager la création d’un nouvel outil de suivi pour la transmission des informations reliées au parcours du jeune entre les différents organismes. La création d’un « carnet de route » représenterait une belle initiative.

Ce passeport pourrait indiquer les étapes entreprises par le jeune : les organismes qu’il a rencontrés et les mesures qu’il a suivies. De cette façon, il pourrait être plus facile pour les différents organismes de comprendre le cheminement de la personne et ainsi pouvoir mieux l’orienter. Bien entendu, dans un souci de respect de l’individu, il faudrait faire attention au type d’informations divulguées par cet outil. Seules les informations pertinentes au suivi de l’individu devraient y être inscrites.

34. Que la prochaine Stratégie initie le « carnet de route » comme outil de suivi auprès des jeunes en processus d’insertion professionnelle.

Appuyer les jeunes entrepreneurs

Comme nous l’avons mentionné précédemment, les jeunes de moins de 30 ans ont une meilleure vision de l’entrepreneuriat qu’auparavant. Ils sont maintenant nombreux à vouloir suivre cette carrière.

Dans les dernières années, le gouvernement y a consacré beaucoup d’efforts. À cet égard, nous tenons à souligner que le Défi de l’entrepreneuriat jeunesse a su épauler efficacement les jeunes. Toutefois, des améliorations peuvent encore être apportées à cette mesure à deux niveaux. Premièrement, le Défi ne comprend pas les institutions d’enseignement supérieur dans ses axes d’interventions. Néanmoins, il peut émerger de nombreux jeunes entrepreneurs des différentes disciplines collégiales et universitaires. Ainsi, il serait stratégique de bonifier le volet de sensibilisation en y intégrant les cégeps et les universités. Deuxièmement, le CAJ est d’avis que le Secrétariat à la jeunesse devrait impliquer davantage les organismes jeunesse dans la mise en œuvre du Défi. Ces organismes, implantés dans les milieux jeunesse, peuvent rejoindre plus efficacement les clientèles visées et ainsi améliorer la réalisation de cette mesure.

Mentionnons également que la perception positive de l’entrepreneuriat n’est pas un gage de réussite instantanée. Beaucoup d’entreprises voient le jour chaque année, mais un bon nombre d’entre elles s’éteignent aussi. En effet, le taux de survie des nouvelles entreprises après 3 ans se situe entre 47 % et 68 %, selon leur taille. Et il n’est que de 34 % après 5 ans. Afin de limiter l’impact négatif de l’interruption trop rapide de l’aide financière liée à la mesure Soutien au travail autonome (STA), il serait intéressant d’étudier la possibilité de prévoir une période de financement supplémentaire. Bien entendu, ce financement ne serait pas nécessairement accordé à tous, seulement aux projets qui le méritent. Il s’agit ainsi d’éviter la mort de projets viables en raison d’une rigidité administrative. La période actuelle de 52 semaines (qui inclut la phase préparatoire) pourrait être allongée de 26 semaines. Cela diminuerait le risque que de bons projets meurent en raison d’un manque de financement à un moment crucial.

35. Que dans la prochaine Stratégie le Défi de l’entrepreneuriat jeunesse soit étendu aux établissements d’enseignement supérieur et que les organismes jeunesse soient mis à contribution dans son application.

36. Que la prochaine Stratégie engage Emploi-Québec à étudier la possibilité de permettre une extension maximale de 26 semaines du financement d’un projet STA, en pondérant l’aide supplémentaire en fonction des besoins réels du projet.

Les jeunes en région

Le retour en région est un aspect aussi déterminant pour maintenir une stabilité économique et un marché du travail dynamique au Québec. Dans cette optique, des solutions ont déjà été proposées et certaines ont été mises en place : le crédit d’impôt pour les nouveaux diplômés travaillant en région ressource, par exemple, favorise l’établissement des jeunes en région. Selon le CAJ, ce programme doit être maintenu. Par contre, un meilleur effort de sensibilisation doit être entrepris pour le faire connaître auprès des employeurs et des jeunes qui pourraient en bénéficier. Le crédit d’impôt pour le retour en région est une solution novatrice et doit être fortement encouragée.

37. Que la prochaine Stratégie réintègre le crédit d’impôt remboursable pour les nouveaux diplômés travaillant dans une région ressource éloignée. Que sa promotion soit accentuée auprès des employeurs des régions touchées et auprès des jeunes qui pourraient y avoir accès.

Comme nous l’avons démontré précédemment, plusieurs jeunes désirent retourner en région. Par contre, certains éléments viennent bloquer cette volonté et ainsi empêche sa concrétisation. Beaucoup de jeunes regardent les opportunités professionnelles, toutefois un élément obstrue : la distance à franchir pour les entrevues. Un jeune résidant à Montréal et ayant des entrevues dans différentes régions du Québec peut trouver difficile un déplacement dans une région périphérique tant pour des raisons d’engagement professionnel que pour des raisons d’ordre économique (hébergement, transport). Ces éléments peuvent diminuer les possibilités d’un établissement en région. Ce type d’irritant peut être facilement évité par la mise sur pied, par Emploi-Québec, d’un réseau régional de salles de vidéoconférence accessibles pour les employeurs et pour les candidats à des entrevues.

38. Qu’emploi-Québec appuie la création d’un réseau régional de salles de vidéoconférence accessibles aux employeurs et candidats.

Liste des recommandations

1. Que la Commission des partenaires du marché du travail (CPMT) et le ministère de l’Emploi et de la Solidarité sociale (MESS) accentuent leurs actions auprès des jeunes.
2. Que la prochaine Stratégie d’action jeunesse traite l’emploi comme une des grandes priorités.
3. Que le Secrétariat à la jeunesse implique le Comité aviseur-jeunes (CAJ) dans l’élaboration de la prochaine Stratégie, notamment en l’intégrant au comité de suivi.
4. Que la vision de la prochaine Stratégie soit d’assurer le parcours vers la réussite des jeunes sur le marché du travail dans l’ensemble des régions du Québec.
5. Que la prochaine Stratégie exprime la volonté gouvernementale d’assurer un marché du travail dynamique, attrayant et avantageux pour les jeunes au Québec.
6. Que la prochaine Stratégie reconnaisse l’importance d’une éducation accessible et de qualité à tous les niveaux d’enseignement.
7. Que la prochaine Stratégie mette sur pied un programme comprenant des activités d’intégration et de participation pour faire connaître aux élèves du secondaire les différentes avenues possibles à la suite de l’atteinte du diplôme d’études secondaires.
8. Que la prochaine Stratégie d’action jeunesse engage le gouvernement à rendre accessible, dans les endroits fréquentés par les jeunes, l’information sur les mesures et programmes en matière de jeunesse et d’employabilité, en collaboration avec les acteurs du milieu.
9. Que la mesure des stages Découvrir soit inscrite dans la prochaine Stratégie. Qu’à cet effet, la contribution des organismes communautaires soit reconnue et que le financement de cette mesure soit bonifié.
10. Que le gouvernement du Québec s’engage à maintenir et bonifier le programme Connexion compétences à la suite du rapatriement de la Stratégie emploi jeunesse du gouvernement
11. Que le gouvernement du Québec fasse la recension de ces différentes offres de stages et qu’il évalue la pertinence d’en augmenter la durée afin de mieux outiller les jeunes avant leur insertion en emploi.
12. Que la prochaine Stratégie engage Emploi-Québec à offrir plus de flexibilité dans ses programmes, notamment pour les personnes ayant des problèmes d’alphabétisation.
13. Que le gouvernement du Québec s’engage dans la prochaine Stratégie à soutenir et à financer adéquatement les organisations qui offrent des cours de francisation aux nouveaux arrivants.
14. Que la prochaine Stratégie mette sur pied, en collaboration avec les organismes concernés, un programme de reconnaissance de compétences génériques afin de rejoindre les personnes les plus éloignées du marché du travail.
15. Que soit inclus dans la Loi favorisant le développement et la reconnaissance des compétences de la main-d’œuvre un seuil minimal des sommes utilisées par les entreprises pour la formation de leurs employés.
16. Que la prochaine Stratégie implante un programme québécois de reconnaissance de l’implication étudiante.
17. Que dans la prochaine Stratégie, le gouvernement du Québec encourage et appuie financièrement les différentes simulations parlementaires québécoises.
18. Que la prochaine Stratégie réitère l’appui du gouvernement dans les initiatives jeunesse favorisant la participation citoyenne.
19. Que la prochaine Stratégie engage Emploi-Québec à offrir une aide financière aux jeunes de moins de 30 ans qui sont éligibles aux différents programmes, mais non éligibles aux financements de ceux-ci.
20. Que la prochaine Stratégie engage le gouvernement à offrir plus de souplesse aux organismes communautaires et aux groupes d’éducation populaire quant au recrutement de leur clientèle.
21. Que soit intégrée dans la prochaine Stratégie la volonté d’Emploi-Québec d’allonger l’offre de services de ses différents programmes offerts aux jeunes, principalement ceux ciblant les personnes les plus en difficulté.
22. Que le gouvernement s’engage dans la prochaine Stratégie à améliorer le site Internet EspaceJ et d’en faire la promotion.
23. Que la prochaine Stratégie engage le gouvernement à mettre en place une campagne de sensibilisation-choc sur l’importance des nouveaux arrivants ainsi que des minorités visibles sur le marché du travail et sur la discrimination que vivent ces derniers en milieu professionnel.
24. Que la prochaine Stratégie élargisse et bonifie les programmes Québec pluriel et PRIIME.
25. Que le gouvernement s’engage dans la prochaine Stratégie à accentuer ses efforts auprès des différents acteurs et partenaires concernés afin de mettre en place un système de reconnaissance des acquis pour les nouveaux arrivants.
26. Que la prochaine Stratégie engage le MESS à mettre en place un programme de départ progressif à la retraite afin de favoriser au maximum le transfert de connaissances en entreprise.
27. Que le gouvernement du Québec s’engage, dans le cadre de la prochaine Stratégie, à encadrer le travail atypique.
28. Que la prochaine Stratégie engage Emploi-Québec à mener une étude qualitative auprès des jeunes de moins de 30 ans et des femmes en situation de travail atypique. Cette étude devrait porter une attention particulière aux causes et aux conséquences de cette situation d’emploi, sa durée et les éléments qui empêchent ou favorisent l’entrée dans des formes d’emplois plus traditionnelles. Dans le cas des jeunes, l’accent devrait être mis sur ceux qui ne sont plus aux études.
29. Que le gouvernement inscrive dans la prochaine Stratégie sa volonté ferme de rapatrier les sommes de la Stratégie emploi jeunesse du gouvernement fédéral.
30. Que le gouvernement du Québec soit le seul maître d’œuvre des mesures actives en emploi sur son territoire, y compris en ce qui concerne les mesures visant les jeunes et l’information diffusée relativement à ces mesures.
31. Que les sommes rapatriées du fédéral soient uniquement employées par le gouvernement du Québec afin d’améliorer les services d’employabilité offerts aux jeunes et sans que les budgets ne soient réduits par ailleurs.
32. Que le gouvernement du Québec s’engage dans la prochaine Stratégie à faire pression sur le fédéral pour que le critère des 910 heures soit aboli.
33. Que le gouvernement poursuive et accentue l’Engagement jeunesse dans la prochaine Stratégie d’action jeunesse.
34. Que la prochaine Stratégie initie le « carnet de route » comme outil de suivi auprès des jeunes en processus d’insertion professionnelle.
35. Que dans la prochaine Stratégie le Défi de l’entrepreneuriat jeunesse soit étendu aux établissements d’enseignement supérieur et que les organismes jeunesse soient mis à contribution dans son application.
36. Que la prochaine Stratégie engage Emploi-Québec à étudier la possibilité de permettre une extension maximale de 26 semaines du financement d’un projet STA, en pondérant l’aide supplémentaire en fonction des besoins réels du projet.
37. Que la prochaine Stratégie réintègre le crédit d’impôt remboursable pour les nouveaux diplômés travaillant dans une région ressource éloignée. Que sa promotion soit accentuée auprès des employeurs des régions touchées et auprès des jeunes qui pourraient y avoir accès.
38. Qu’emploi-Québec appuie la création d’un réseau régional de salles de vidéoconférence accessibles aux employeurs et candidats.

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[2 « Perspectives du marché du travail au Québec “Le ministre Sam Hamad annonce qu’il y aura 680 000 emplois à combler au Québec entre 2006 et 2010 ” », ministère de l’Emploi et de la Solidarité sociale, communiqué de presse, 27 juin 2

[3Population active, population de 15 ans et plus et taux d’activité, selon le sexe et l’âge, Tableau statistique, Banque de données des statistiques officielles sur le Québec, gouvernement du Québec, 16 mars 2006.

[4Réalité des jeunes sur le marché du travail, Travail et remuneration, gouvernement du Québec, Institut de la statistique du Québec, 2007, 153 p.

[5 Publication du rapport Réalités des jeunes sur le marché du travail en 2005, Institut de la statistique du Québec, gouvernement du Québec, communiqué de presse, Montréal, le 17 octobre 2007.

[6Portrait de la jeunesse, Stratégie d’action jeunesse, gouvernement du Québec, 2006.

[7Taux de chômage selon le groupe d’âge et le sexe, moyennes annuelles, Québec, 1976 à 2006, Institut de la statistique du Québec, gouvernement du Québec, 7 mars 2007.

[8Information sur le marché du travail (IMT), Les chiffres clés de l’emploi au Québec, Édition 2007, Direction des communication du ministère de l’Emploi et de la Solidarité sociale, gouvernement du Québec, 2007, p. 12.

[9Idem

[1010 Portrait de la jeunesse, Stratégie d’action jeunesse, gouvernement du Québec, 2006.

[11CÔTÉ, Serge. PROULX, Marc-Urbain. L’économie des régions périphériques du Québec et son renouvellement actuel, Régions et économie du savoir, Centre de recherche et de développement des territoires (CRDT), Octobre 2002, p. 46.

[12COTÉ, op. cit., p. 60.

[13 L’économie du Québec et de ses régions, analyse des tendances, Développement économique Canada, Direction générale Planification et Orientations stratégiques, Édition 2003, gouvernement du Canada, p. 22.

[14Taux de chômage, par région administrative, par région métropolitaine de recensement et ensemble du Québec, 1996-2006, Institut de la statistique du Québec, gouvernement du Québec, mars 2007.

[1515 BROUILLETTE, V. ALLAIRE, L. La formation au travail : un enjeu social, CSQ, Mai 2007, p.56

[16CHASSIN, Y. Perspectives et conditions d’emploi, CAJ, 2005, 111p.

[17Québec, Secrétariat du Conseil du trésor, L’effectif de la fonction publique du Québec, 2003-2004 ; Analyse comparative des cinq dernières années, [www.tresor.gouv.qc.ca/effectif], 2005, p.18

[18Réalité des jeunes sur le marché du travail, Travail et rémunération, Institut de la statistique du Québec, gouvernement du Québec, 2007, p. 58.

[19Supra, note 10.

[20L’évolution de l’emploi selon le niveau de scolarité, Le marché du travail, Indicateur de l’éducation, Édition 2004, ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport, gouvernement du Québec, 2007.

[21Indicateur de l’éducation, Édition 2006, ministère de l’Éducation du Loisir et du Sport, Secteur de l’information et des communication, gouvernement du Québec, 2006, p.124.

[22Indicateurs de l’éducation, Édition 2006, ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport, Secteur de l’information et des communication, gouvernement du Québec, 2006, p.116.

[23Loi favorisant le développement et la reconnaissance des compétences de la main-d’œuvre, L.R.Q., c. D-7.1, art. 1.

[24Indicateurs de l’éducation, Édition 2006, op. cit., p. 124.

[25VENNE, Jean-François. Appuyer les jeunes en voie d’exclusion dans leur démarche de réinsertion socioprofessionnelle, avis, CAJ, avril 2005, p.15

[26Tableau sur l’emploi à temps partiel et à temps plein selon le sexe et l’âge, Québec, Banque de données des statistiques du gouvernement du Québec, Québec, mars 2006.

[27MORISSETTE et JOHNSON, Les bons emplois disparaissent-ils au Canada ?, Ottawa, Statistique Canada, 2005.

[28J. MYLES, G. PICOT et T. WANNELL, Les salaires et les emplois au cours des années 1980 : évolution des salaires des jeunes et déclin de la classe moyenne, Ottawa, Statistique Canada, juillet 1988, document de recherche no 17, p. 34.

[29Garnett PICOT, op.cit., p.29

[30Réalité des jeunes sur le marché du travail, Travail et rémunération, Institut de la statistique du Québec, gouvernement du Québec, 2007, p. 34-35.

[3131 D’après : VENNE, Jean-François. L’appui d’Emploi-Québec aux jeunes entrepreneurs, CAJ, mai 2007, 92 p.

[32VOSKO, F et Al. « Le travail précaire : une nouvelle typologie de l’emploi », Perspective, Statistique Canada, Octobre 2003, vol. 4, no 10, p. 1.

[33KAPSALIS, Costa, TOURIGNY, Pierre. « La durée de l’emploi atypique », L’emploi et le revenu en perspective, Statistique Canada, vol. 5, no 12, décembre 2004, p. 5.

[3535 BRASSARD, JP. Transformation du marché du travail des jeunes du Québec, CAJ, mai 2005, 28 p.

[36CPJ, Avis sur le décrochage scolaire et social au secondaire, mai 2002, 63 p.

[37VENNE, Jean-François. Stratégie nationale de l’emploi chez les jeunes : Analyse des programmes et pratiques, Comité aviseur-jeunes, mai 2006, p. 14.

[38CHASSIN, Youri. Perspectives et conditions d’emploi chez les jeunes au Québec, 2005, 111 p.

[39VENNE, Jean-François. Stratégie nationale de l’emploi chez les jeunes : Analyse des programmes et pratiques, Comité aviseur-jeunes, mai 2006, 75 p

[40WOODS, Élizabeth. La reconnaissance des acquis et compétences, CAJ, 2006, 43 p.

[41VENNE, Jean-François. Vers une stratégie d’accompagnement systématique des jeunes décrocheurs de 16-18 ans et des « sans-chèques » de moins de 24 ans, Avis, CAJ, 2004, 111 p. VENNE, Jean-François. Appuyer les jeunes en voie d’exclusion dans leur demarche de réinsertion socioprofessionnelle, Avis, CAJ, 2005, 55 p.

[42VENNE, Jean-François. Stratégie nationale de l’emploi chez les jeunes : Analyse des programmes et pratiques, CAJ, 2006, p.25.

[43VENNE, Jean-François. Vers une stratégie d’accompagnement systématique des jeunes décrocheurs de 16-18 ans et des « sans-chèques » de moins de 24 ans, Avis, CAJ, 2004, 111 p.

[44Idem, p.27.

[45COLLOMBAT, Thomas. L’intégration en emploi des jeunes issus de minorités visibles, CAJ, 2004, 42 p.

[46VENNE, Jean-François. Le travail atypique au Québec, CAJ, 2007, 67 p.

[47VENNE, Jean-François. Jeunes décrocheurs et « sans chèque », CAJ, 2005, p. 11.

[48CHASSIN, Youri. Le rapatriement de la Stratégie d’emploi jeunesse, CAJ, 2006, 40 p.

[49Commission de l’assurance-emploi du Canada, Rapport de contrôle et d’évaluation 2005 de l’assurance-emploi, mars 2006, p. 85.

Extrait

Le Comité aviseur-jeunes a entrepris son questionnement quant à la rédaction d’un avis pour instituer une stratégie d’emploi destinée aux jeunes la même année que le gouvernement entreprenait des consultations et la rédaction de la Stratégie d’action jeunesse. Les postulats très positifs des différents acteurs gouvernementaux sur les perspectives professionnelles des jeunes au Québec sont à la base de nos interrogations. En fait, nous désirions connaître la situation réelle actuelle et future des jeunes sur le marché du travail. Nous avons alors orienté nos travaux de recherche afin d’alimenter notre réflexion sur les perspectives et les conditions professionnelles des jeunes.

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